Les inégalités sociales au sein de l’éducation pendant la COVID-19

, par Eszter Szilagyi

Les inégalités sociales au sein de l'éducation pendant la COVID-19
Photo : licence Pixabay

La crise sanitaire dû à la COVID19 affecte presque tous les domaines du quotidien. En effet, avec l’arrivée du confinement dans la plupart des pays européens, les établissements scolaires devaient réfléchir à un enseignement « hors classe » et organiser l’enseignement à distance en ligne. Cela pose plusieurs questions concernant l’efficacité des systèmes éducatifs traditionnels, l’équipage des institutions mais surtout l’augmentation les inégalités sociales.

L’état des lieux européen

En faisant un rapide état des lieux de la situation européenne, on peut observer que les pays ayant une culture digitale plus développée et qui consacrent davantage d’argent à l’éducation avaient généralement moins de difficultés d’organiser le déroulement de l’année scolaire en ligne. En effet, parmi les pays nordiques, la transition vers la digitalisation s’est déroulé de manière accordée et organisée : en Estonie et en Suède par exemple, la fermeture (partielle dans le cas de la Suède) des écoles n’a presque pas causé d’anomalie, parce qu’une grande partie de leur système éducatif était déjà digitalisé avant l’arrivée de virus.

Dans certains pays européens où l’éducation digitale est moins développée, les plateformes éducatives sont devenues gratuites mais les enseignants et les professeurs ont passé des jours et des nuits à essayer différentes possibilités de « rencontres » dans l’espace digital et pour produire un enseignement de qualité et adéquat.

Certes, à cause de la pandémie et grâce au travail et à la créativité des professeurs et à la coopération des élèves, la digitalisation de l’éducation et l’enseignement à distance ont beaucoup progressé et les élèves ont pu gagner de l’autonomie quant à l’organisation de leur temps. Néanmoins il ne faut pas oublier que les inégalités dans l’éducation se sont creusées sous l’effet de cette crise mondiale.

L’enseignement à distance nécessite plus qu’un smartphone

On accuse souvent la génération Z (génération née entre 1995-2010) du fait qu’ils passent trop du temps en ligne et qu’ils ne peuvent pas vivre sans leur portable. L’enseignement à distance nécessite toutefois plus qu’un smartphone et beaucoup de ces jeunes n’en possède pas.

Les élèves assez chanceux d’avoir un ordinateur personnel, qui ont des parents qui peuvent les aider dans leurs études et ceux qui ont la possibilité d’étudier dans des circonstances équilibrées peuvent beaucoup mieux profiter de l’enseignement à distance par rapport à leur camarades moins chanceux. Certes, le manque d’évènements scolaires, des camarades, des contacts personnels, des incertitudes (concernant le bac), des éventuels désagréments en raison de la charge de devoirs ou de la communication désordonnées des autorités et des problèmes techniques peuvent compliquer le quotidien, mais ces élèves possèdent – heureusement– le plus important pour réussir en cette période : des circonstances familiales et sociales plus ou moins équilibrées et l’équipement nécessaire pour l’enseignement à distance.

Malheureusement ce n’est pas toujours le cas. Dans beaucoup de familles il y a un manque d’outils informatiques de base, un manque d’accès au wifi et les parents ne peuvent pas aider leurs enfants dans leurs études. Comme la plupart des établissements scolaires devaient prendre des décisions rapidement, ils n’avaient certainement pas assez de temps, ni les moyens pour évaluer, par exemple, les besoins informatiques et des manques dans les familles afin d’avoir un enseignement à distance le plus satisfaisant possible.

Il ne faut pas non plus négliger la situation familiale et le milieu des élèves. Dans beaucoup de familles– surtout celles de milieux défavorisés – les problèmes de subsistance permanents, des tensions, et même des crises conjugales émergent et peuvent même s’accentuer en cette période de pandémie. L’enfant qui doit rester à la maison en raison de la pandémie doit donc faire face aux plusieurs problèmes : il doit probablement surveiller ses frères ou sœurs plus jeunes, aider ses parents dans les tâches quotidiennes essentielles, partager l’unique ordinateur/smartphone avec les autres, souffrir des tensions familiales simplement renoncer aux repas chauds fourni par la cantine.

Ceux qui vivent pareilles circonstances ont donc un énorme handicap par rapport à leurs camarades plus chanceux et ce désavantage s’aggrave avec l’enseignement à distance. C’est pourquoi, par choix socio-économique, certains pays européens ont décidé de ne pas totalement fermer les écoles pour les plus jeunes ou bien de les rouvrir dès l’arrivée du déconfinement.

Pour conclure, il est important de prendre en considération que même si la COVID19 enseigne beaucoup de leçons et pose des défis inconnus jusqu’à présent, elle renforce considérablement les problèmes et inégalités existants bien avant l’arrivée de ce virus.

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